2014-2015 Forme(s) de lecture, lecture(s) de forme

14-15 F(s)dl, l(s)df

ProjetsProjetsProjetsProjetsProjetsProjets ProjetsProjetsProjetsProjetsProjets Projets

Atelier de recherche et de création
de l'école nationale supérieure
d'art et de design de Nancy sous la direction
de Brice Domingues (officeabc)
dans le cadre de l’alliance
Artem Nancy.

Forme(s) de lecture, lecture(s) de forme 2014-2015 est un atelier de recherche et de création sur les stratégies de médiation et les potentiels narratifs des formes graphiques.
  Les participants de cet atelier ont été confrontés à cette problématique énoncée comme une figure du renversement. Au même titre qu’Alice, personnage de Lewis Caroll, ils ont tenté de percevoir l’envers du décor révélant les enjeux et les symboles que donnent à comprendre ces formes.
  Le travail qui a été réalisé avait pour base documentaire la série The Prisoner, créée par Patrick McGoohan, en 1967. Afin de révéler dans la série des indices véhiculant un potentiel de narration, chaque étudiant s’est intéressé au rôle du Lector in fabula, terme emprunté à Umberto Eco. L’auteur considère en effet le texte comme une « [...] machine paresseuse qui exige du lecteur un travail coopératif acharné pour remplir les espaces de non-dit ou de déjà-dit restés en blanc [...] * »
  Ces indices ont été le point de départ à l’élaboration d’une forme, aussi hétérogène soit-elle, passant de la musique à la photographie, de la typographie à la sculpture, avec la volonté de poursuivre et de développer les interprétations de chacun.
  Interprétations dont les précipités sont visibles autant dans les formes produites que dans leurs formes exposées (physiques et dématérialisées) comme de possibles pistes offertes aux lecteurs.

*Umberto Eco, Lector in fabula,
édition Grasset & Fasquelle, Paris,
1985, p. 29.

[+]

Brice Domingues, The Heart of it All.
Agencement de deux fragments de photogrammes issus de The Prisoner, réal. Patrick McGoohan, 1967,
raccordés avec la page 391 de On Growth and Form,
D’Arcy Wentworth Thompson, Cambridge: University Press, 1945.

  • Salomé Bernhard (ENSAD)
  • Céline Berthelin (ENSAD)
  • Nicolas Bibette (ENSAD)
  • Andréa Brignon (École des Mines)
  • Solène Cudey (École des Mines)
  • Christelle Debono (ENSAD)
  • Valentin Defaux (ENSAD)
  • Jean Delahaye (ENSAD)
  • Julie Deutsch (ENSAD)
  • Manon Dumont (ENSAD)
  • Cyril Faucher (ENSAD)
  • Marine Gauthrot (ENSAD)
  • Rémy Laporte (ENSAD)
  • Katia Lecomte (ENSAD)
  • Dori Lee (ENSAD)
  • Maëla Le Roy (École des Mines)
  • Jean-Christophe Louviot (ENSAD)
  • Paul Marcyan (École des Mines)
  • Tiphaine Moreau (ENSAD)
  • Charlotte Munsch (ENSAD)
  • Valentin Picard (École des Mines)
  • Manon Pradier (ENSAD)
  • Camille Remond (ENSAD)
  • Loup Renaudineau (ENSAD)

Le site internet a été pensé dans un premier temps comme l’archive de l’atelier Forme(s) de lecture, lecture(s) de forme. Cependant, il n’est pas un repertoire conçu à partir d'une fonction, celle de rendre accessible les éléments produits durant huit mois de travail. Il permet d’évoquer par sa construction, une narration sur le basculement du physique au digital, soit de l’exposition au catalogue, à son archive dématérialisée accessible sur internet.

Ces déplacements entrainent une série de choix. Ainsi, la navigation est le reflet, dans son utilisation et sa forme, de l’arborescence interne des fichiers indexés de nos ordinateurs.

Les projets sont disposés sur la droite et sur la gauche est placée la vidéo de l’exposition, formant par conséquent, au centre, un vide, qui sera comblé par le futur visiteur. Son action reflétera son propre cheminement, lui permettant de faire le lien entre les projets et leurs « expositions ».

En conclusion, chacune des actions exécutée dans cet espace « vierge » est un hors-champ pris comme un hypothétique arrêt sur image, augmentant le champ de vision et d’information que nous apporte la vidéo. L’internaute pourra ainsi façonner sa propre interprétation, entre textes, sources et prises de vue.

Conception éditoriale et graphique:
Julie Deutsch
Rémy Laporte
Tiphaine Moreau
Loup Renaudineau

Développement et intégration:
Loup Renaudineau

Coordination éditoriale et graphique:
Brice Domingues (officeabc)

Mise en ligne le 15.10.2015

EXPOSITION
Galerie My monkey, 30 avril au 15 mai 2015, Nancy

EXPO_EXPO_formedelecture_lecturedeforme58.JPG
expo_fdlldf.jpg
EXPO_formedelecture_lecturedeforme22.JPG
EXPO_formedelecture_lecturedeforme_2459.JPG
EXPO_formedelecture_lecturedeforme_2465copy.jpg
EXPO_formedelecture_lecturedeforme_26.JPG
EXPO_formesdelecture_lecturedeforme_2464.JPG
expo_img.jpg
MMONKEY_EXPO_63.JPG

Le dispositif de monstration a été pensé à partir de la série The Prisoner comme l’ensemble des projets de l’atelier. Il s’inscrit également dans une histoire des expositions avec pour référence les travaux de Frederick Kiesler pour son système d’installation Leger und Träger à l’Internationale Ausstellung neuer Theatertechnik, à Vienne en 1924.

L’amorce du dispositif est une cabine téléphonique conçue par les directeurs artistiques, Jack Shampan et Ken Ryan, pour la série télévisée. La cabine téléphonique a été perçue comme une métaphore de la transmission et du dialogue à distance. Elle fut le premier élément à donner une forme au projet. Chaque objet réalisé établit ainsi des « distances » vis-à-vis de la série. Ils prennent pour point de départ un détail, une anecdote, ou un principe scénaristique.
  Ce dispositif est constitué d’un ensemble de plateformes comme autant de niveaux de lecture. Il est placé au centre de la galerie My monkey. Cette unique forme insulaire génère un « effet centripète 01 » dans l’espace d’exposition. Elle permet une mise en perspective de chacun des projets fonctionnant comme « une machine à voir » démultipliant, par ces différents points de vue, l’espace restreint de la galerie. Ainsi, cette disposition des objets est comparable au travail d’un metteur en scène 02 plaçant ses acteurs de façon à engendrer une série de confrontation, de distance et de dialogue. Celle-ci sera activée par le déplacement du visiteur, véritable « monteur » de l’exposition.
  De plus, cette structure à niveaux multiples constituée d’un enchevêtrement de cadres détermine des espaces délimités aux frontières visibles. Chacun des objets présentés est disposé aux limites de ces cadres, comme tentant d’échapper à la « série ».
  Enfin, l’ensemble du dispositif est lesté par des fragments d’anciennes sculptures en plâtre réalisées par des étudiants de l’école nationale supérieure d’art et de design de Nancy. Elles représentent une série d’exercices classiques évoquant l’art de la Grèce antique (moulure, visage, colonne…). Ces dernières sont des allusions au premier épisode de la série, The Arrival03, et indiquent à leurs façons que toute forme récente résulte de la relecture d’une forme passée. Ces plâtres sont alors des métaphores et des ancres qui viennent asseoir ces interprétations.

En conclusion, si nous considérons que l’exposition est l’élaboration d’un commentaire compris comme l’interprétation d’un (pré)texte, ici la série The Prisoner, ce dernier serait, comme l’indique, l’écrivain et linguiste Danois, Per Aage Brandt, « [...] un objet construit dans l’interprétation dans l’effort de valider soi-même sur les bases de ce qu’il construit comme son résultat […] 04 ».

  • 01

    Ce terme renvoie au commentaire de Theo Van Doesburg à propos de la structure Leger und Träger de Frederick Kiesler, rapporté dans le communiqué de presse de l’exposition, « Frederick Kiesler. Artiste - Architecte » au Centre Pompidou en 1996, par la commissaire Chantal Beret : « La nouveauté n’échappe pas à Van Doesburg qui parle dans ses écrits d’une ‘forme d’exposition centripète’ en opposition au mode ‘centrifuge’ des expositions traditionnelles, qui utilisent les parois comme cimaises. »

  • 02

    Le théâtre d’objets fait ici référence à l’épisode Checkmate de The Prisoner (réal. Patrick McGoohan, 1967).

  • 03

    Dans l’épisode The Arrival de The Prisoner (réal. Patrick McGoohan, 1967), Numéro 06, dans sa tentative de fuite, est observé par un système de caméras de surveillance logées dans des bustes grecs en plâtre.

  • 04

    Citation extraite du texte de Per Aage Brandt, « Le mystère de l'interprétation », in Au nom du sens. Autour de l'œuvre d'Umberto Eco, Colloques de Cerisy, 1996 cité par Matteo Treleani, « L'Objectivité dans la théorie de Umberto Eco » in Rencontres doctorales 2009, Université Paris Diderot - UFR LAC Paris, 2009, p. 7.

  • Brices Domingues (officeabc)
  • S.00

    Vue photographique de l’installation Leger und Träger de Frederick Kiesler à l’Internationale Ausstellung neuer Theatertechnik, à Vienne en 1924.

  • S.01

    Vue photographique de l’installation Leger und Träger de Frederick Kiesler à l’Internationale Ausstellung neuer Theatertechnik, à Vienne en 1924.

  • S.02

    Photogramme issu de The Prisonner, Patrick McGoohan, 1967.

  • S.03

    Gros plan de la carte du village dans la série The Prisoner.

  • S.04

    Photogramme issu de The Prisonner, Patrick McGoohan, 1967.

  • S.05

    Photogramme issu de The Prisonner, Patrick McGoohan, 1967.

  • S.06

    Vue 3D des agencements possibles du dispositif dans l’espace de la galerie.

  • S.07

    Vue 3D des agencements possibles du dispositif dans l’espace de la galerie.

  • S.08

    Vue 3D des agencements possibles du dispositif dans l’espace de la galerie.

VISION
www.vision.fr

01_formedelecture_visions.jpg
02_formedelecture_visions.jpg
03_formedelecture_visions.jpg
04_formedelecture_visions.jpg
05_formedelecture_visions.jpg
06_formedelecture_visions.jpg
07_formedelecture_visions.jpg
08_formedelecture_visions.jpg

Dans le cadre de l’événement Vision, recherche en art et en design, qui s’est tenu au Palais de Tokyo du 13 avril au 18 avril 2016, l’atelier forme(s) de lecture, lecture(s) de forme a été invité à présenter le projet de recherche mené autour de la série télévisée The Prisoner.

Cet événement était l’occasion de présenter l’archive internet du projet à l’aide d’un mobilier trouvant son origine dans la reprise de la cabine téléphonique créée par Jack Shampan et Ken Ryan pour la série, The Prisoner. Cette cabine a été également le premier objet à avoir donné une forme au dispositif de monstration construit pour l’exposition des travaux à la galerie nancéienne My monkey.
  Ce mobilier aux allures de vestiges est la trace d’un passage entre l’objet de fiction et le dispositif de l’exposition. Cette empreinte est visible aussi bien dans sa construction, dans les choix des matériaux que dans les couleurs utilisées. L’ensemble de ces éléments renvoie à l’idée d’un décor factice qui présenterait les coulisses de sa fabrication. L’objet réalisé est ainsi placé dans un entre-deux, entre une forme passée, l’origine de l’emprunt, et une forme en train de se construire, l’archive réinterprétée, devenant alors support de médiation à l’archive internet du projet. Cette mise en abyme trouve un écho dans les paroles de numéro 6 interprété par Patrick McGoohan : « welcome to your home from home ».

  • Coordination du projet : Brices Domingues (officeabc).
  • Réalisation du mobilier : Rémy Laporte avec l’aide de Christelle Debono.
  • Photographies : Tiphaine Moreau.

THE PRISONER

prisoner01.jpeg
prisoner02.jpeg

La double page 20-21 ici présentée, issue de l’ouvrage de Patrick Ducher, Jean-Michel Philibert sous la direction de Didier Liardet, Le Prisonnier, une énigme télévisuelle édité à Paris aux éditions Yris en 2011 ainsi que les liens du Fan Club français Le Rôdeur et du Fan Club anglais Six of One vous apporteront, au besoin, les éclairages nécessaires à la compréhension de cette série en tant qu’œuvre télévisuelle.

www.leprisonnier.net
www.sixofone.org.uk

Ci-après, une liste non exhaustive d’ouvrages ayant servi à l’élaboration du projet :

— Walter Benjamin, « La tâche du traducteur » in Œuvres I, Paris, « coll. Folio », éditions Gallimard, 2005.
— Per Aage Brandt, « Le mystère de l’interprétation », in Au nom du sens. Autour de l’œuvre d’Umberto Eco, Colloques de Cerisy, 1996.
— Matteo Treleani, « L’objectivité dans la théorie de Umberto Eco » in Rencontres doctorales 2009, Paris, Université Paris Diderot - UFR LAC, 2009.
— Patrick Ducher, Jean-Michel Philibert, sous la direction de Didier Liardet, Le Prisonnier, une énigme télévisuelle, Paris, éditions Yris, 2011.
— Umberto Eco, De l’arbre au labyrinthe, Paris, éditions Grasset, 2010.
— Umberto Eco, Lector in fabula, Paris, éditions Grasset & Fasquelle, 1985.
— Carlos Ginzburg, Le fil et les traces , Paris, éditions Verdier, 2010.
— Christophe Kihm, « Pour en finir avec la sérialité » in art press 2, n° 32, avril 2014, p. 72-76.
— Michel Pastoreau, L'étoffe du diable : Une histoire des rayures et des tissus rayés, Paris, « coll. Points Histoire », éditions du Seuil, 2007.
— Pierre Serisier, Le prisonnier. Sommes-nous tous des numéros ?, Paris, Presses Universitaires de France, 2013.
— D’Arcy Wentworth Thompson, On Growth and Form,New York, University Press, 1945.
— Florence Livolsi, Alice de l'autre côté de l'écran : de 1903 à Tim Burton, Paris, éditions Aparis, 2010.
— Dork Zabuyan, « Des images en série » in art press 2, n° 32, avril 2014, p. 54-58.

    CATALOGUE

    Le catalogue d’exposition est d’un format de 14 × 21,5 cm, composé en Times semi-Bold pour les textes courants, en Courier New pour les légendes et en Bernard MT Condensé pour le texte d’introduction, le nom des étudiants ainsi que la pagination. Il est constitué de 148 pages et imprimé en noir et blanc sur les presses de LULU. Il a été tiré à 70 exemplaires.

    Le catalogue a été coordonné par Brices Domingues (officeabc), la couverture a été pensée par Rémy Laporte et l’ensemble des contenus a été choisi et rédigé par les étudiants, Salomé Bernhard (ENSAD), Céline Berthelin (ENSAD), Nicolas Bibette (ENSAD), Andréa Brignon (École des Mines), Solène Cudey (École des Mines), Christelle Debono (ENSAD), Valentin Defaux (ENSAD), Jean Delahaye (ENSAD), Julie Deutsch (ENSAD), Manon Dumont (ENSAD), Cyril Faucher (ENSAD), Marine Gauthrot (ENSAD), Rémy Laporte (ENSAD), Katia Lecomte (ENSAD), Dori Lee (ENSAD), Maëla Le Roy (École des Mines), Jean-Christophe Louviot (ENSAD), Paul Marcyan (École des Mines), Tiphaine Moreau (ENSAD), Charlotte Munsch (ENSAD), Camille Remond (ENSAD), Loup Renaudineau (ENSAD), Margot Robert (ENSAD), Valentin Picard (École des Mines), Manon Pradier (ENSAD).
      Le catalogue est né d’une réflexion sur la nécessité de rendre compte du travail de recherche réalisé par les étudiants et de contextualiser par un texte les ambitions des projets de chacun. Nous avons développé ce livre de façon à ce que ce dernier puisse également se mouvoir en cartel et feuille de salle. Chaque ouverture de chapitre correspond à une pièce, la page de gauche documente l’objet présenté dans l’espace de la galerie et sur la page de droite figure le texte afférent à la pièce. Ainsi, le visiteur pouvait se servir de ce livre comme d’un possible plan au sein même de l’exposition.
      Quant à la couverture du catalogue réalisé par Rémy Laporte, « elle ne nous en dira pas plus sur le catalogue que le catalogue lui-même. Si ce n’est notre grande fascination redisons-le encore, pour M. McGoohan et M. Caroll. C’est bien ici, au lecteur de faire le choix de ce qu’il mettra dans ce cadre. »

    Crédits couverture
    Premier plat :
    — Rémy Laporte, photographie du premier plat d’une couverture de la collection « Les Classiques de l’Art », Paris, éditions Flammarion, c. 1970.
    — Rémy Laporte, Forme(s) de lecture, lecture(s) de formes, imitation de l’écriture de Numéro 6 dans l’épisode The Chimes of Big Ben de The Prisoner (réal. Patrick McGoohan, 1967), 2015.
    Quatrième plat :
    — Rémy Laporte, photographie, L’heure du thé, couvercle d’une théière reprenant la figure du lapin blanc d’Alice au Pays des Merveilles, appartenant à Mme Régine Elmaleh, 2015.

      PROJET 00 — LE KID, LE PHOTOGRAPHE, LE JEUNE REBELLE

      1.JPG
      2.JPG

      Chaque objet, quel qu’il soit, selon son contexte, évoque une histoire propre à chacun. Faire renaître une forme revient à mettre en avant une facette, un aspect du caractère de l’objet.

      Dans la série télévisée The Prisoner, le Rôdeur est une boule blanche, intrigante, à taille humaine qui dissuade quiconque de s’évader du village. Pour obtenir cette dimension effrayante, les directeurs artistiques, Jack Shampan et Ken Ryan, lui ont attribué une identité sonore composée de trois bruits différents.
        Dans le dernier épisode Fall Out, le Rôdeur disparaît en se désintégrant dans un nuage de fumée. L’idée de cette scène a été inspirée par Alexis Kanner, acteur d’origine française ayant interprété trois rôles différents dans la série : Le Kid, Le Photographe, Le Jeune Rebelle. Alors que Kanner prenait du thé sur le tournage, il voulut y ajouter du sucre et du cognac. Se trompant, il versa une substance produisant une effervescence dans sa tasse.
        Cette scène de disparition dans l’épisode final de la série est accompagnée de la chanson I like you very much, tirée de la comédie musicale That Night in Rio et interprétée par l’extravagante Carmen Miranda dans les années 40. Cette chanson d’amour en totale opposition avec le caractère dramatique de la scène se joue de la figure de l’écart apportant ainsi une note surréaliste à l’action.

      En conclusion, l’affiche produite se résume comme le précipité de ces anecdotes. Une série d’images en noir et blanc, fait écho à la première diffusion française de la série, rappelant ainsi que la couleur est arrivée dans les foyers plus tardivement qu’en Angleterre. Ces images sont des totems photographiques, réalisés à partir des différentes interprétations visuelles des sons du Rôdeur. L’assemblage de sons devenant ainsi une sculpture photographique.

      • Maëla Le Roy
      • Tiphaine Moreau
      • S.00

        Document en ligne, consulté le 04.11.2014: www.the-prisoner-6.freeserve.co.uk

      • S.01

        Photogramme issu de The Prisonner, réal. Patrick McGoohan, 1967.

      • S.02

        Paroles de la chanson I, Yi, Yi, Yi, Yi, I Like You Very Much. Elle a été écrite en 1941 par Mack Gordon pour le film That Night in Rio de Irving Cummings sortie la même année.

      • S.03

        Patrick Ducher, Jean-Michel Philibert et al., Le Prisonnier, une énigme télévisuelle, Paris, éditions Yris, 2011, p. 136.

      • S.04

        Photogramme représentant un des nombreux rôles d’Alexis Kanner dans la série, ici il interpréte Le Kid dans l’épisode Living in Harmony (réal. Patrick McGoohan, The Prisoner, 1967).

      • S.05

        Photogramme représentant un des nombreux rôles d’Alexis Kanner dans la série, ici il interpréte Le Photographe dans l'épisode The Girl Who Was Death (réal. Patrick McGoohan, The Prisoner, 1967).

      • S.06

        Photogramme représentant un des nombreux rôles d’Alexis Kanner dans la série, ici il interpréte Le Jeune Rebelle dans l‘épisode Fall Out (réal. Patrick McGoohan, The Prisoner, 1967).

      • S.07

        Liste d’objets ayant servi aux compositions photographiques.

      • S.08

        Tasse à thé anglaise provenant de la fabrique de céramique basée à Portmeirion — lieu de tournage de la série. La créatrice est Susan Williams-Ellis, fille de l’architecte Clough Williams-Ellis qui conçut le village de Portmeirion.

      • S.09

        Paroles de la chanson I, Yi, Yi, Yi, Yi, I Like You Very Much. Elle a été écrite en 1941 par Mack Gordon pour le film That Night in Rio de Irving Cummings sortie la même année.

      PROJET 01 — MUSIC BEGINS WHERE WORDS LEAVE OFF

      1.JPG
      2.JPG
      3.JPG

      Dans la série The Prisoner, le directeur artistique, Jack Shampan, et son assistant, Ken Ryan, ont conçu parmi un ensemble de décors et d’objets insolites, un caractère typographique destiné à occuper tous les espaces pouvant accueillir du texte : affiches, panneaux, dossiers, livres, banderoles, générique... Son dessin est une adaptation, un « revival » en terme typographiques, du caractère Albertus créé par Berthold Wolpe en 1932.
        Face à son omniprésence, ce projet cherche à donner corps au caractère typographique en lui attribuant une identité. Il lui concède une place, un rôle à part entière dans l’intrigue, à l’instar du personnage principal, Numéro 6.
        Ce travail de personnification a été réalisé en établissant une suite d’associations entre caractéristiques formelles et physiques du corps. Ce principe s’inspire de documents tels que l’ouvrage Champ Fleury de Geoffroy Tory publié en 1529, qui associe chaque lettre aux différentes parties du corps humain, et la fiche officielle de renseignement de la police sur les personnes non identifiées.
        Ce personnage typographique a été nommé A afin de rester dans une certaine cohérence avec la série, où chaque protagoniste est désigné par un chiffre. Enfin, un scénario hypothétique sur la rencontre de A et de 6 a été généré. Il s’est écrit à partir d’une sélection de 17 photogrammes tous issus des 17 épisodes de la série en utilisant différentes techniques d’écriture permettant de basculer de l’image au texte, et de la typographie au personnage.

      • Marine Gauthrot
      • Camille Remond
      • S.00

        anon., portrait robot.

      • S.01

        Geoffroy Tory, Champ Fleury, Paris, 1529.

      PROJET 02 — T121000ERCO

      1.JPG
      2.JPG

      Si Numéro 6 est prisonnier de l’île, il ne l’est pas cependant de la technologie qui la régit. C’est dans sa connaissance et la maîtrise de ses propres outils qu’il trouve la liberté faisant défaut aux autres habitants de l’île. Ceux-ci subissent et se règlent sur des machines opaques dont ils ignorent tout. Numéro 6, au contraire, construit et démantèle, cherche à percer les mystères qui lui permettront de manipuler à son tour.

      La conception d’un objet s’exprime dans un rapport de forme/fonction — une forme trouvant son origine dans la fonction. À ce rapport s’ajoutent les coûts de production et de fabrication influant également sur la forme même de l’objet à produire (choix des matières, outillage...).
        L’expérience que nous avons menée est tout à fait différente. Nous sommes partis d’une matière imposée par l’objet, cette matière nous donne une forme. En détruisant la forme de l’objet, nous cherchons à percer les mystères de son fonctionnement et de son essence. Nous établissons une archéologie de l’objet, remontant à chaque étape un peu plus dans sa chronologie de fabrication, échappant ainsi au rapport forme/fonction.
        Le nouvel objet ainsi obtenu, bien que similaire, offre une nouvelle lecture. La réappropriation de ces objets du quotidien permet de réinitialiser les scénarios de vie, les protocoles d’utilisation déjà en place. Cependant, notre incapacité à revenir exactement à l’état premier de la matière, ainsi qu’à éviter la toxicité induite par ce procédé, questionne les limites de notre pouvoir à maîtriser ces objets.

      Le grille-pain est devenu notre objet d’étude : peu cher, accessible à tous, utile, mais pas réellement indispensable. Tout, de sa forme aux sons qu’il produit, jusqu’à sa manette à ressort, nous rappelle la chaleur protectrice du foyer.
        C’est de sa forme, née dans les années 50, dont nous nous rappelons le mieux : chromé et rond, creusé d’une, deux voire quatre fentes. On grille le pain depuis l’Antiquité, mais ce n’est qu’au XXe siècle que l’électricité viendra nous faciliter la tâche. Pendant un temps synonyme de réussite, c’est la production de masse et l’invention du Pop-up toaster dans les années 50 qui lui permirent d’intégrer les foyers et qui le gravèrent dans notre imaginaire collectif.

      En conclusion, le processus de déconstruction de cet objet s’est accompagné d’une collecte d’informations. Sur le modèle encyclopédique, nous avons procédé à l’enregistrement des savoirs produits. De cette façon, nous établissons une base de connaissances alternatives aux modes d’emplois et autres manuels d’utilisation. Nous avons ainsi documenté l’ensemble de cette entreprise dans un livre de 240 pages contenant, les essais, les commentaires, les croquis et les résultats de ces expérimentations.

      • Nicolas Bibette
      • Solène Cudey
      • Christelle Debono
      • Loup Renaudineau
      • S.00

        Premier essai de fonte d’un élément métallique.

      • S.01

        Photogramme issu de The Prisoner, réal. Patrick McGoohan, 1967.

      • S.02

        Ivan Illich, La Convivialité, Paris, éditions du Seuil, Paris, 1973, p. 27-28.

      PROJET 03 — NUMÉRO 1

      0.JPG
      1.JPG
      2.JPG

      — Where am I?
      — In the Village.
      — What do you want?
      — Information.
      — Whose side you are on?
      — That will be telling.
      We want information.
      Information.
      Information.
      — You won’t get it.
      — By hook or by crook, we will.
      — Who are you?
      — The new number 2.
      — Who is number 1?
      — You are number 6.
      — I am not a number!
      I am a free man!
      — Demonic laugh
      01.

      « Il est juste de remarquer cependant que, dans la plupart de ces cas, ce qui nous impatiente c’est la lenteur ; presque toujours l’impatienteur est plus lent que l’impatienté 02. »

      La série entendue comme une suite sans fin a été l’objet d’étude du projet. Ce dernier s’est appuyé sur les commentaires controversés des téléspectateurs lors de la diffusion du dernier épisode de la série, Fall Out. Un sentiment de frustation s’est ainsi emparé des téléspactateurs par la mise en abyme que réalisa Patrick McGoohan. De cette frustation est née une affiche contenant sur le recto l’ensemble des dialogues dudit épisode et sur le verso un montage de deux photogrammes issus de The Prisoner et du film Village of the Damned, Wolf Rilla, 1960, le tout faisant face à une télévision murée diffusant en boucle le fameux épisode.

      • 01

        Dialogue retranscrit entre Numéro 6 et Numéro 2 présent à chaque prologue des épisodes de la série, The Prisoner, Patrick McGoohan, 1967.

      • 02

        Morand, « Qu’est-ce que l’attente  » in L’année psychologique, vol. 21, 1914, p. 03.

      • Cyril Faucher
      • S.00

        Photogramme issu de Village of the Damned, réal. Wolf Rilla, 1960.

      • S.01

        Cyril Faucher, double page, carnet de recherche, 2015.

      • S.02

        Photogramme issu de Village of the Damned, réal. Wolf Rilla, 1960.

      • S.03

        Photogramme issu de The Prisoner, réal. Patrick McGoohan, 1967.

      • S.04

        Photogramme issu de Village of the Damned, réal. Wolf Rilla, 1960.

      PROJET 04 — NICE PLACE NO PLACE

      1.JPG
      2.JPG

      À la manière d’un bon brocanteur aux aguets et bien éveillé aux heures fraîches, l’inconscient chine, répertorie et capture parfois sur le vif, le détail d’une surpiqûre sur une malle de voyage ou de l’éclat d’un compte-fil au milieu de babioles. Il les assemble sur des chemins cahoteux qu’il ne maîtrise pas toujours.

      Ce document doit être lu avant tout comme une partition, un support de projection dont le but est de mettre en lumière les mécanismes du rêve.

      Rêve, Réveil et Réel. Trois temps et donc trois formes.

      Le livre contient une série d’associations instinctives et / ou inconsciente de documents dont les sources se mélangent sans que jamais rien ne laisse paraître un cheminement clair.
        Le parcours est néanmoins balisé ici et là pour qu’à la première lecture on puisse créer du sens entre toutes ces images. Si le carré représente le monde matériel et le cercle le monde immatériel alors la croix représente ici le lien entre ces deux mondes.
        Dans un second temps, et par une projection performée, un texte viendra se poser sur les espaces vierges en pointillés de cette partition. Questionnant ainsi la mince frontière entre matériel et immatériel. Ce sera à ce moment que la balade au fond du terrier commencera. Celle-ci engendrera un récit, purement textuel et débarrassé de toute image qui à son tour convoquera d’autres images.

      • Rémy Laporte
      • S.00

        Mathieu Copeland, « Les idées viennent des objets, entretien avec Robert Barry », in Vides, une rétrospective, Centre Pompidou, Paris, Kunsthalle Bern, 2009, p. 83.

      • S.01

        Franck Kirch, Nouvelles expériences de conciliation du rêve et de la réalité, 2015.

      • S.02

        Philippe Parreno, Alien Affection, Paris, éditions Paris Musées, 2002.

      • S.03

        Remy Laporte, dessin, 2015

      PROJET 05 — DE ZÉRO À 480

      1.JPG
      2.JPG
      4.JPG
      5.JPG

      « De zéro à 480. Si la distance parcourue en moins de 20 jours apparaît comme d’une évidence et d’une facilité déconcertantes, les kilomètres ne se font pas en tournant les pages.
        Pourtant, à la lecture de ces images, on comprend, petit à petit, que derrière le protocole rigoureux de ce relevé photographique, ce n’est pas le regard sur un pays enfermé que ce voyage tente de circonscrire une seconde fois. Mais c’est l’ouverture convoquée par ce que le photographe perçoit derrière son épaule. Là où déjà un autre que lui a décidé du cadre qui borderait ces paysages, là où un autre que lui a déjà décidé et façonné, sa posture, sa position de quelque niveau que ce soit.
        La contrainte est là, présente, physique ; dans le dos du photographe. Mais le paysage qui s’ouvre devant lui veut nous dire bien plus, il nous offre autre chose que la surface lisse d’un mur 01. »

      Ainsi, j’ai arpenté la frontière cisjordanienne. Tous les dix kilomètres, dos au mur, j’ai photographié la Palestine, ou ce qu’il en reste.
        Portrait en creux de cet immense objet qui sépare les communautés entre elles, j’ai pris comme horizon les issues de ces impasses.
        Malgré leur beauté, ces paysages déserts soulèvent une réalité beaucoup plus dure : c’est l’interdiction pour la population locale d’investir ses propres territoires.
        À Qeiqis, je me suis fait arrêter, et suis restée détenue pendant plus de trois heures par l’armée israélienne. Après avoir demandé la raison de mon arrestation, et préciser que je n’avais fait que photographier un paysage, on m’a répondu : « Vous n’avez pas le droit, c’est notre terre ».

      • 01

        Texte écrit par Rémy Laporte, 2015.

      • Julie Deutsch
      • S.00

        Julie Deutsch, photographie, 2015.

      • S.01

        United Nations Office for the Coordination of humanitarian affairs occupied Palestinian Territory West Bank access restrictions, West bank access and closure map, Dec. 2012.

      • S.02

        Stéphane Rosière, avec la collaboration de Michel Bussi, Gérard Dussouy et André-Louis Sanguin, Dictionnaire de l’espace politique. Géographie politique & géopolitique, Paris, éditions Armand Colin éditeur, 2008, p. 87, 88, 118, 194.

      • S.03

        Sophie Ristelhueber, West Bank, 2005.

      • S.04

        Sophie Ristelhueber, West Bank, 2005.

      • S.05

        Julie Deutsch, Boussay, photographie d’une plante utilisée par les bédouins pour marquer leurs territoires, 2015.

      • S.06

        Honey of Resistance, 2015
        Article consutable à l'adresse suivante https://fwpsc.wordpress.com/2015/03/21/honey-of-resistance/

      • S.07

        Honey of Resistance, 2015
        Article consutable à l'adresse suivante https://fwpsc.wordpress.com/2015/03/21/honey-of-resistance/

      PROJET 06 — SANS TITRES

      1.JPG
      3.JPG
      4.JPG

      La série The Prisoner, présente un personnage sans nom propre, Numéro 6, en captivité dans un village dont la localisation est inconnue.
        Un lieu dans lequel Numéro 6 est berné, pris pour cible, par un groupement de personnes représentant le pouvoir. Dans ce village aux formes et aux couleurs bariolées, proches d’une esthétique très Carrollienne, se révèlent des indices formels évoquant une société rationalisée et contrôlée.
         Notre proposition prend appui sur deux indices : la quasi-absence de profondeur de champ évoquant l’univers cloisonné et sans échappatoire de Numéro 6, ainsi que l’utilisation prédominante des couleurs, dans les costumes par exemple, offrant une piste de réflexion sur les motifs textiles.

      « La rayure et les étoffes rayées sont longtemps restées en Occident des marques d’exclusion ou d’infamie. En furent notamment vêtus tous ceux qui se situaient en marge de la société chrétienne ou bien en dehors : jongleurs, musiciens, bouffons, bourreaux, prostituées, condamnés, hérétiques, juifs, musulmans ainsi que, dans les images, le Diable et toutes ses créatures 01. »

      Les épisodes 2, The Chimes of Big Ben et 6, The General, ont été réduits en une suite de photogrammes colorés où chaque détail a été synthétisé en de grands aplats de couleurs, à partir d’images tirées à intervalles réguliers.
        Ce vocabulaire de formes a permis d’abolir toute notion de perspective et de profondeur dans les images. De plus, la géométrie de ces formes avait pour but de faciliter la mise en place d’un processus d’écriture musicale et d’y insuffler une rythmique. Ainsi, ces formes polygonales ont servi de base à l’écriture de deux partitions musicales, une pour chaque épisode. Transposition musicale réalisée à l’aide d’une corrélation entre le cercle d’Alexandre Scriabine, attribuant à chaque note une couleur et un calcul géométrique basé sur le nombre de sommets déterminant la hauteur des notes.

      En conclusion, un vinyle deux faces a été pressé comportant une piste musicale sur chacune des faces, interprétées par Guillaume Chroll, Théo Cloux et Jeremie Revel. Ce disque est accompagné de deux livrets comportant l’ensemble des photogrammes traduits. Le projet s’est conclu par la confection de deux pulls en laine reprenant les motifs géométriques issus des photogrammes synthétisés revenant ainsi aux sources du projet.

      • 01

        Michel Pastoureau, L’Étoffe du Diable, collection Points Histoire, Seuil, Paris, 2015, p. 45.

      • Andréa Brignon
      • Valentin Defaux
      • Jean Delahaye
      • Jean-Christophe Louvio
      • Charlotte Munsch
      • S.00

        anon., schéma d’un clavier synesthésique.

      • S.01

        Divers agrandissements de photogrammes issus de The Prisoner, réal. Patrick McGoohan, 1967.

      • S.02

        Michel Pastoureau, L’Étoffe du Diable, collection « Points Histoire », Paris, éditions du Seuil, 2015, p. 45.

      • S.03

        Capture d'écran du jeu vidéo, Another World, 1991.

      • S.04

        Premier essai de synthèse formel avec annotation mathématique d'un photogramme issu de The Prisoner, réal. Patrick McGoohan, 1967.

      • S.05

        Photogramme issu de The Prisoner, réal. Patrick McGoohan, 1967.

      • S.06

        Edward Wadwsorth, Dazzle Ships in Dry Dock, 1918.

      • S.07

        Patron de pull-over.

      • S.08

        Annotations mathématique et élaboration d'une correlation entre forme et hauteur de note sur un photogramme synthétisé de The Prisoner, réal. Patrick McGoohan, 1967.

      PROJET 07 — DÉRIVÉS

      1.jpg
      2.JPG

      The Prisoner est une série d’anticipation où l’auteur et acteur principal, Patrick McGoohan, pointe l’insécurité face au progrès. En effet, la technologie contrôle les faits et gestes du héros, Numéro 6. Les caméras épient ses déplacements et comportements.
        Numéro 6 évolue ainsi dans un espace donné, normé et délimité. Éléments que nous avons tenté de rendre tangible par une suite de manipulations et de traductions.

      Le projet envisage la domination technologique comme une source créative grâce à divers gestes de réappropriations, détournement et transcodage, se basant sur l’épisode Checkmate.
         En partant de la carte du village, quadrillée tel un plateau de jeu, et de l’échiquier présent dans l’épisode, nous avons pu déterminer les coordonnées des points de déplacements du héros sur la durée totale de l’épisode. À ces valeurs, nous y avons ajouté deux zéros, afin d’obtenir une traduction en système hexadécimal utilisé pour déterminer un ensemble de couleurs. Cette synthèse aboutit à un nuancier s’étalant du bleu au vert réduisant l’épisode à des variations colorées.
        Autre élément de la série, le geste du salut « Bonjour chez vous », référence au signe du poisson, évoquant la reconnaissance chrétienne. Ce dernier a été assimilé par détournement au code gestuel militaire, lui conférant une toute autre valeur. Ainsi, à l’aide du manuel TTA (Traité Toutes Armes, document énumérant le langage des signes et gestes militaires), l’ensemble des déplacements de Numéro 6 a été codifié. Une fois ces mouvements répertoriés, ils ont été transmis à un militaire de carrière pour qu’il dessine à son tour la cartographie des déplacements du héros. Dessin aboutissant à une forme abstraite, reproduite sur un tapis, référence aux tapis de jeu.

      • Céline Berthelin
      • Paul Marcyan
      • Manon Pradier
      • S.00

        Photogramme issu de The Prisoner, réal. Patrick McGoohan, 1967.

      • S.01

        Fiche pédagogique sur le jeu d’échec.

      • S.02

        Michel Pastoureau, Vert. Histoire d’une couleur, Paris, éditions du Seuil, 2013, p. 199.

      • S.03

        Phillipe Quéau, Le Virtuel : vertus et vertiges, Ceyzérieu, éditions Champ Vallon, 1993, p.  18-19.

      • S.04

        John Cage, Marcel Duchamp et Teeny Duchamp, Reunion, 1968, photographie Shigeko Kubota.

      • S.05

        Celine Berthelin, carte du Village quadrillée à la façon d'un échiquier, 2015.

      • S.06

        Michel Pastoureau, Vert. Histoire d’une couleur, Paris, éditions du Seuil, 2013, p. 199.

      • S.07

        extrait du TTA (Traité Toute Armes, ensemble de documents règlementaires généraux de l'armée de terre française).

      • S.08

        Extrait d’un manuel pour apprendre la langue des signes.

      • S.09

        Croquis avec annotation hexadécimale, tracé généré par un militaire de carrière suite au visionnage d’une vidéo en langue des signes traduisant les déplacements de Numéro 6 dans l’épisode Checkmate de The Prisoner, réal. Patrick McGoohan, 1967.

      • S.10

        Céline Berthelin, Paul Marcyan, Manon Pradier, dessin prépatoire avant impression sur tapis, 2015.

      • S.11

        Michel Pastoureau, Bleu, Histoire d’une couleur, Paris, éditions du Seuil, 2002, p. 32-33.

      PROJET 08 — THE HEART OF IT ALL

      1.JPG
      2.JPG
      3.JPG

      The Heart of it All est le slogan de la ville de Cincinnati dans l’Ohio, ville jumelée avec Nancy depuis 1990. The Heart of it All, en français, « au cœur de l’action, ici... », mais où ?

      Le lieu de tournage de la série The Prisoner est réel : les scènes du village sont filmées à Portmeirion au Pays de Galles. Cet endroit a été créé par l’architecte Sir Clough Williams-Ellis qui a façonné son petit coin de paradis près de la mer, à l’aide de diverses influences architecturales, à la manière d’un collage n’ayant pas vraiment sa place à l’endroit où il est construit. Dans la série, les habitants du village sont privés de leur liberté, ils vivent selon des règles précises : code vestimentaire, manière de s’exprimer, utilisation de numéros à la place des noms et prénoms, couvre-feu, surveillance continue à l’aide de caméras, etc.
        Ces systèmes utilisés dans la fiction pour évoquer un lieu entre utopie et dystopie ne sont pas si éloignés du réel où des communautés sont développées comme véritables alternatives à la société, avec leurs propres règles et organisation, vendues comme des coins de paradis et promettant une vie meilleure. Il semble plus agréable de vivre entre soi, de s’éloigner des autres, et de se conforter dans une norme établie.
        Ces espaces sont fermés. Le sentiment entre l’intérieur (la communauté) et l’extérieur (le reste du monde) est donc amplifié. La porte, passage entre ces deux espaces, contribuent à une image idéalisée du lieu. Elle matérialise la transition vers un monde où tout est possible à l’image des panneaux d’accueil des parcs d’attractions (Disneyland), et ceux des différents états américains (accompagnés très souvent d’un slogan et d’une image).

      Le livret réalisé est constitué d’un texte qui est l’adaptation et la traduction d’un texte promotionnel vantant les qualités et le mode de vie de la ville Sun City, ville strictement réservée aux retraités qui a été créée en 1960 par Delbert E. Webb en Arizona, aux États-Unis. Ce texte en français où tous les détails concernant le lieu d’origine ont été retirés et remplacés par l’adverbe « ici » favorise l’idéalisation d’un lieu, qui ne peut être identifié mais qui se réfère à l’endroit où se trouve le livret « ici ». Afin d’appuyer cet effet, une série de slogans de villes américaines traduite a été ajoutée. À l’intérieur se trouve une carte postale. Le recto représente un paysage idéalisé, composé à partir des formes trouvées sur les panneaux de bienvenue aux États-Unis (oiseaux, fleurs, montagnes, blason, etc). Au verso est reproduit sur une des cartes officielles de Sun City un message écrit par un certain George marié à une femme nommée Flora.

      • Salomé Bernhard
      • S.00

        Photogramme issu de The Prisoner, réal. Patrick McGoohan, 1967.

      • S.01

        Lucy Nicholson, Age and agility, Sun City, 2013.

      • S.02

        Plaque visible à l’entrée du parc d'attraction Disneyland, États-Unis.

      • S.03

        anon., photographie du panneau de signalétique de bienvenue en Illinois.

      • S.04

        anon., photographie du panneau de signalétique de bienvenue en Californie.

      • S.05

        anon., photographie du panneau de signalétique de bienvenue en Idaho.

      • S.06

        anon., photographie du panneau de signalétique de bienvenue en Floride.

      • S.07

        Liste des slogans des états aux États-Unis. Source wikipédia.

      • S.08

        Alex MacLean, Sun City, Dewling, 2005

      • S.09

        Vues satellite de Sun City, source Google Map.

      PROJET 09 — BLANC, VERT, NOIR, BLEU, JAUNE

      1.JPG
      2.JPG

      Cet objet est un ensemble de courts textes qui tentent de résumer les épisodes de The Prisoner en s’appuyant non pas tant sur l’histoire et les dialogues de chacun mais bien plus sur les impressions sonores, visuelles et autres laissées par le visionnage des épisodes.
        Se focalisant ainsi tantôt sur des images, des couleurs, des sons, des écritures, des objets incongrus, des répliques fortes ou « remarquables », ces textes sont écrits dans un style sans cesse renouvelé, qui se cherche et se recherche en quête d’un équilibre précaire entre sens, métaphore, rythmique et poétique.
        Oscillant presque toujours entre un minimalisme s’inspirant de la poésie Haïku de Matsuo Basho, et de la prose de certains passages musicaux du roman Passacaille de Robert Pinget, ce style veut justement mettre l’accent sur les impressions, sur un faisceau d’impressions que l’on peut ressentir en visionnant un épisode de cette série.

      • Valentin Picard
      • S.00

        Henri Chopin, La Crevette amoureuse, 1967-1975.

      • S.01

        Robert Pinget, Passacaille, Paris, Les Éditions de minuit, Paris, 1969, p. 7.

      • S.02

        Valentin Picard, Croquis préparatoire pour la couverture du livre Blanc, Vert, Noir, Bleu, Jaune, 2015.

      • S.03

        Matsuo Basho, Poems on Tanzaku paper, c. 1600.

      PROJET 10 — SEXTAPE PRISE 32

      1.JPG
      2.JPG

      De la continuité des gamètes naîtra l’humanité lubrique. L’observation très rapprochée de deux êtres asexués génère une continuité, une sexualisation. Ces objets informels, mous, lisses, vivent des frictions révélatrices de zones érogènes ; ils sont l’abstraction de la corporéité. Un chemin sur l’imaginaire qui mène à l’érotisme.

      Cette vidéo est une interprétation du personnage Le Rôdeur. Cet objet qui par définition est dénué de vie, semble ici se mouvoir tel un organisme. En sortant cette boule de son contexte, sa forme « informe » suggère l’érotisme, par sa mollesse et ses mouvements ondulatoires. Elle peut évoquer l’asexué ou le transsexuel, expérience même de « non-forme » sexuelle. Cette matière transparente mise en scène renvoie à une image informe et universelle, miroir de nos sens les plus primaires.

      • Manon Dumont
      • Katia Lecomte
      • S.00

        Analyse critique du texte L'eau et les rêves de Gaston Bachelard, associé à une série de photogrammes issus de The Prisoner, réal. Patrick McGoohan, 1967, montrant la naissance du Rôdeur.

      • S.01

        Georges Bataille, Histoire de l’oeil, Paris, collection « L’imaginaire », éditions Gallimard, 1928.

      • S.02

        Georges Bataille, L’érotisme, Paris, éditions de Minuit, 1957.

      • S.03

        Couverture de Artpress2, numéro 32, « Séries télévisées. Formes, Fabriques, Critiques », 2014, associée à la couverture des Cahiers du cinéma, numéro 680, « l’Érotisme », 2012.

      • S.04

        Montage de photogrammes issus de L’Enfer, réal. Henri-Georges Clouzot, 1964.

      • S.05

        Michel Foucault, Le corps utopiques, Paris, éditions Lignes, 2009, p. 11-12.

      PROJET 11 — SYNTHETIC REALITY

      1.JPG

      It began with the idea of finite infinity based on the song Dry Bones. The song refers to Ezekiel 37, in which the prophet successfully prods a valley of long-dry bones to reanimate and form a fearsome army, as mentioned in the final episode of The Prisoner. As the lyrics of Dry Bones imply, not only might each episode closely be connected but also there might not be a beginning or fixed ending to the story of The Prisoner. Even though we could not find any coherency among them, there is something more than what is revealed in the show.
        Searching further into The Prisoner (1967-1968), it became clear that the main actor, Patrick McGoohan’s previous works, Brand (1959) and Danger Man (1960-1961), had a huge influence on the creation of the show. With that in mind, the fictional elements that are dissolved in the reality were intentionally extracted. Finally listing its fragments in prescribed and linear structures, I continued to mashup the two notions, reality and fiction.
        It reveals itself in the form of unique codes that can be reread with the purpose of uncovering relevance between the three TV shows, working on how fiction and reality can be manipulated to propose new meanings and revealing their invisible connection. Moreover, it is shown in a way of experimenting how these two different aspects relate and influence the collective consciousness.

      WELCOME TO YOUR HOME FROM HOME
        Various moments of contact are shown in a variety of locations. All the particulars of the scene are removed except for the aerial view in each series. This gives it a unique perspective that is mystical in a way, as if discovering a place in a piece of fiction drawn from reality. The book title, WELCOME TO YOUR HOME FROM HOME referred to the first episode of The Prisoner, recalling an endless story, this theme draws attention to the indistinctive border between reality and fiction.

      A STILL TONGUE MAKES A HAPPY LIFE
        A STILL TONGUE MAKES A HAPPY LIFE is made up of a collection of images based on three characters whom the actor Patrick McGoohan played in his TV shows: Brand, Danger Man and The Prisoner. Each series is related and also has a tremendous impact on his personal acting career. These portrait photos are shown as Brand in Brand, John Drake in Danger Man and Number 6 in The Prisoner embodied by Patrick McGoohan. This book questions on the otherness between a physical body and image. The title, A STILL TONGUE MAKES A HAPPY LIFE, was also shown in the first episode of The Prisoner.

      • Dori Lee
      • S.00

        King James, The Book of the Prophet Ezekiel, 1611.

      • S.01

        King James, The Book of the Prophet Ezekiel, 1611.

      • S.02

        Photogramme issu de The Prisoner, réal. Patrick McGoohan, 1967.

      • S.03

        Partition musicale, Dem Dry Bones, The Four Lads, 1961.

      • S.04

        Partition musicale, Dem Dry Bones, The Four Lads, 1961.

      • S.05

        Partition musicale, Dem Dry Bones, The Four Lads, 1961.

      • S.06

        Partition musicale, Dem Dry Bones, The Four Lads, 1961.

      • S.07

        Photogramme issu de The Prisoner, réal. Patrick McGoohan, 1967.